RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Grâce aux progrès et à l’évolution des traitements complémentaires, l’indication d’une mastectomie est devenue moins fréquente dans le cadre du traitement du cancer du sein.

L’indication d’une mastectomie peut être posée dans certains cas d’emblée, suite aux résultats de la mammographie et des biopsies du sein. Dans d’autres cas, l’indication est posée en cours d’opération, suites aux résultats apportés par l’examen extemporané (examen des tissus effectué en cours d'intervention).

D’une manière générale, l’indication de l’ablation du sein est prise lorsque l’on estime qu’un traitement conservateur par tumorectomie ou par quadrantectomie du sein comporterait un risque important de récidive locale ou de traitement incomplet au niveau du sein. Ces situations correspondent précisément aux cas ou la tumeur dépasse une certaine taille ou une certaine proportion par rapport à la taille du sein :
  • présence d’un cancer invasif du sein dont la taille dépasse 3 centimètres d’emblée, ou après une chimiothérapie première
  • présence d’un carcinome in situ dépassant 3 à 4 centimètres et dont le résultat esthétique ne serait pas acceptable en cas de traitement conservateur
  • présence d’une tumeur multifocale (deux tumeurs cancéreuses voire plus dans le même sein)
  • récidive d’un cancer du sein dans le même sein déjà traité par un traitement conservateur
  • présence de lésions bénignes mais à risque de cancer, étendues dans toute la glande mammaire.
Une demande de reconstruction mammaire (chirurgie réparatrice des seins) est tout à fait légitime après mastectomie, en restituant la silhouette féminine et en évitant le port d'une prothèse mammaire externe.

Il existe trois types de mastectomies :
  • Mastectomie totale simples : c’est l’ablation de la totalité du sein, parfois associée à l’ablation du ganglion sentinelle.
  • Mastectomie radicale modifiée (Mastectomie de Patay) : c’est l’ablation de la totalité du sein associée à l’ablation des ganglions lymphatiques du creux axillaire (creux de l’aisselle).
  • Mastectomie radicale (Mastectomie de Halstedt) : c’est l’ablation de la totalité du sein, des muscles pectoraux et des ganglions lymphatiques du creux axillaire. Elle n'est aujourd'hui quasiment plus pratiquée.
La durée de l’intervention dépend des gestes réalisés. Elle peut durer de 30 minutes (mastectomie simple) à 2 heures (mastectomie avec examen extemporané et curage axillaire).

Habituellement, un ou deux drains aspiratifs (drain de Redon) sont placés sous la peau afin de permettre l’évacuation du sang et de la lymphe accumulés après l’intervention. Ils sont gardés pendant 2 à 5 jours en moyenne puis retirés par l’infirmière ou par le chirurgien.

La douleur post opératoire est généralement très modérée et ne justifie la prise d’antalgiques que pendant quelques jours. Une douleur d’origine neurologique au niveau du creux de l’aisselle peut persister pendant plusieurs mois en cas de curage ganglionnaire associé.

Des pansements recouvrent les cicatrices. Ils sont refaits habituellement tous les jours ou tous les deux jours.

Il est conseillé d’effectuer des mouvements doux et progressifs du membre supérieur afin de réduire les risques de raideur de l’épaule.

Une consultation post-opératoire a lieu deux à  trois semaines après l’intervention. Au cours de cette consultation le chirurgien vérifie le bon déroulement de la cicatrisation ; il communique les résultats histologiques puis oriente la patiente vers un chimiothérapeute ou vers un radiothérapeute si un traitement complémentaire est jugé nécessaire.

L'APRES MASTECTOMIE
Une mastectomie constitue un évènement bouleversant dans la vie d’une femme. Le sein est un organe superficiel, visible. Il représente la féminité ; la maternité ; la sexualité ; la beauté.

Son ablation a des conséquences plus ou moins importantes sur le reste de la vie d’une femme et de ses relations au sein de son couple ; de sa famille et de son entourage. Ces conséquences sont d’autant plus importantes que la femme est jeune. Pourtant, il faut bien s’adapter à cette nouvelle situation et faire en sorte que les conséquences tant physiques que psychologiques d’une mastectomie soient réduites autant que possible.

Dans un premier temps, une prothèse mammaire externe peut être posée dans le bonnet du soutien-gorge afin de combler le vide dû à l’intervention.

Une reconstruction mammaire est proposée par le chirurgien à la patiente. Dans certains cas elle peut être pratiquée en même temps que la mastectomie (« reconstruction immédiate »). Dans les autres cas elle peut être pratiquée 6 à 12 mois après la fin des traitements complémentaires (chimiothérapie, radiothérapie).

Certaines femmes acceptent le principe d’une reconstruction mammaire pour des raisons esthétiques et psychologiques. D’autres refusent cette idée, essentiellement afin de ne pas subir d’autres interventions chirurgicales avec les risques que cela comporte, et tout simplement par ce qu’elles n’en ressentent pas la nécessité (femmes à partir d’un certain âge ; femmes comportant des facteurs de risques médicaux particuliers etc.).

Plusieurs techniques différentes existent. La technique proposée est choisie en fonction des traitements subis, en fonction des cicatrices, en fonction des conditions anatomiques et en fonction de l’expérience et des convictions du chirurgien.
La reconstruction mammaire nécessite souvent deux ou trois temps opératoires différents.

PRISE EN CHARGE PAR L'ASSURANCE MALADIE
La chirurgie de reconstruction mammaire après cancer du sein est prise en charge par l'assurance maladie